Les faits papillon

décembre 20, 2009

« Il ne faut pas lier un navire à une seule ancre, ni une vie à un seul espoir. » – Epictète

Filed under: Uncategorized — lesfaitspapillon @ 9:23

.

.

.

Dans cette barque de fortune qu’est la vie, il est une part d’indéterminé, et une part d’action. L’homme tient le gouvernail et, fort d’une orientation précise ou malencontreusement déboussolé, il laisse les vents influer sur la trajectoire que sa croisière décrit. Quoi qu’il en soit, les vents guident cette barque. Au gré des jours, des semaines puis des mois, la croisière s’amuse, même consciente qu’elle peut chavirer. Elle sait pertinemment que le vent est encore plus puissant que le gouvernail, indépendamment de la volonté du marin à bord. Notre barque navigue mais danse sur la mort.

Au long de cette croisière, il est des marins sages disposés à admirer l’immensité du monde dans ses ciels étoilés. Tout au long de ce périple, il est des marins braves qui luttent contre vents et marées. Il en est qui, jaloux ou méfiants à la vue d’une autre barque sur leur chemin, cherchent instinctivement à la couler. Ils se plaignent par la suite de se retrouver seuls. Il en est qui refusent de laisser le vent les guider. Mus par le désir d’indépendance, ils tiennent fermement le gouvernail de leurs deux mains et marquent leur volonté à l’orientation entreprise. Telle une boussole qui ne perd pas le Nord.

Tout au long de son périple, il est un marin qui s’est souvent retrouvé seul à bord. Il a multiplié les soirs étoilés pour quêter la destination finale de cette croisière. Le vent, autant que sa main tenant le gouvernail, ont disposé sur son chemin des bouées. Par prudence, il en a évité certaines: elles étaient défectueuses ou du moins le paraissaient. D’autres étaient visibles même de nuit, et exerçaient inexorablement une attraction sur sa barque. Leurs formes et leur couleur lui suggéraient de les récupérer à bord, parce qu’elles promettaient de mettre sa barque en valeur, parce qu’elles l’assuraient qu’elles voulaient lui tenir compagnie.

Il les a écoutées, les a prises à bord. La barque est devenue plus sensible au vent, tandis que le gouvernail s’enfonçait dans des profondeurs sans fin. Elle est devenue plus visible, ses bouées suggérant l’identité du marin. Le marin a alors virevolté puis frôlé le naufrage. Une bouée, autant de formes qu’elle puisse présenter, d’autant de couleurs qu’elle puisse briller, ne contient souvent que peu d’hélium en son sein.

En brave marin, il a décidé de se ressaisir. Il s’est fié à Celui qui lui a octroyé cette barque, et s’est méfié des bouées flottantes. Tout marin a un cœur faible. Il a fui la tentation au lieu de l’affronter. Il a multiplié les croisières nocturnes. Et de temps à autres, il a entrevu des bouées sombres, abîmées presque sur le point de couler. Il s’est d’abord méfié, et n’a finalement jamais regretté.

Suivant son exemple, ma barque flotte et des bouées aussi différentes que brillantes l’accompagnent dans notre périple. Il y en a peu, mais elles sont pleines. Contrairement aux marins parés d’une infinité de bouées vides, au risque de chavirer en cas de vent. J’ai alors accepté de laisser les vents me guider, nous guider. En veillant toujours à ne pas abandonner le gouvernail.

Au long de notre croisière, il existe toujours une part d’indéterminé, indépendamment de notre volonté. Quelques croyances en lesquelles le marin croie, Dieu ou la nature, certaines bouées jalonnant notre périple ne sont pas là inopinément. En bons marins, faisons confiance aux vagues.


Moussa

Publicités

décembre 4, 2009

«Il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser.» – Albert Camus

Filed under: Uncategorized — lesfaitspapillon @ 7:17

Aujourd’hui, l’appel à la prière a résonné depuis la Tour Eiffel. Il a parasité mon ouïe à cinq reprises, pour rappeler à des millions de fidèles, et à beaucoup plus d’infidèles, qu’il était l’heure de penser. Dans les rues que j’arpente, j’ai vu un hijab, puis deux. Soudain, j’aperçus une burqa, puis deux, puis trois. Les burqas ont proliféré ces derniers temps. Faut croire que le minaret qui surplombe la capitale parisienne y est pour quelque chose.

Aujourd’hui, j’ai amené trois délinquadolescents fraîchement débarqués d’un centre de rétention visiter le Louvre. Parce que le Louvre est un élément de notre identité nationale, quoi qu’en disent ceux qui accusent la France de leur avoir volé leurs œuvres les plus chères. Après avoir été fouillés, nous avons apprécié les pyramides jonchant le premier niveau. Une fois parvenus à l’étage ultime, celui qu’une foule inépuisable de curieux réchauffe indéfiniment, nous avons aperçu la Joconde. Léonard de Vinci a peint une toile d’autant plus merveilleuse qu’elle a séduit les plus réticents d’entre nous. C’est pourquoi, au nom du respect à la tolérance, il a été décidé qu’un niqab voile son corps, et surtout son visage, le miroir de l’âme.

Après l’enrichissement culturel vint le temps de l’approvisionnement naturel. J’ai laissé sur le trottoir les trois gamins et suis parti à la recherche les victuailles dont nous avions tant besoin. A mon retour, ils furent raflés, parce qu’âgés de moins de treize ans. « Après 23 heures, a dit leur kidnappeur, c’est plus l’heure ».

Une fois dans le métro, trois Roumains m’ont éloquemment dévoilé leur plaidoyer en vue de récolter quelques cents. Après quoi, je leur ai fait comprendre que les allocations familiales qu’ils percevaient devraient leur suffire. Parce que donner c’est bien, mais assister c’est trop. Surtout qu’avaliser un don à destination d’un Roumain, c’est être condamné à reproduire le même humanisme envers le Noir qui espère sur le quai. Et si c’est pour se faire arracher son portefeuille en sortant du métro par des Arabes, c’est peine perdue. La France, et encore moins le Français que je suis, n’est pas en mesure d’accueillir toute la misère du monde. « Désolé je n’ai pas de monnaie » lui ai-je traduit. S’il faut donner à ceux qui nous volent des emplois, quand bien même les dix millions d’autres clandestins qu’ils sont censés nourrir ne foutent rien, c’est injuste.

Demain, j’irai voter au référendum. Parce que je suis citoyen, parce que je pense que, tout comme l’identité nationale, il nous faut un vrai débat sur l’immigration. « Qu’est-ce qu’être un immigré? Pourquoi un immigré? Quoi faire des immigrés? ». Ce sont les questions que je me pose actuellement, du moins que sont censés se poser les inquiets dont je fais partie. Soyons prudents.

Trop de couleurs foisonnent dans nos rues, trop de burqas voilent nous avenues. Tout ça s’est passé en un laps de temps, tel un ouragan pré-électoral: on ignore d’où est-ce que ça vient, mais ça disparaît aussi vite qu’apparaissent des millions de votes.

En quête de sagesse, je me suis alors tourné vers Albert Camus. Dans l’univers qu’il m’a décrit, un rat, puis deux, et enfin des milliers, ont été victimes de La peste. Quelques jours plus tard, la ville était contaminée. Plutôt que s’armer de chats affamés, on accusa l’incontrôlable prolifération de rats. Sans y remédier.

Avant de refermer mon livre, Camus m’a averti: « Il faut se méfier de la peste. Elle peut revenir à tout moment ».


Moussa

Propulsé par WordPress.com.