Les faits papillon

avril 5, 2010

«Le coeur du fou est dans sa bouche, mais la bouche du sage se trouve dans son coeur.» – Benjamin Franklin.

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J’ouvre la bouche, mon stylo écrit. Je dévoile ma dentition à un miroir, et puis j’observe. A la vérité, cette bouche c’est ma vie. Quand ma mère m’a mis au monde, je n’avais pour bouche que deux petites lèvres et une langue. Ma gencive, vierge. Elle ignorait ce qu’était la souillure.

Quelques semaines plus tard, la première dent voit le jour. Son apparition me surprend douloureusement. Elle vient percer ma gencive, la prive de cette virginité jusqu’ici acquise. Elle me fait mal, et me rend même malade. Mais au final je m’y fais. Autrefois amateur de lait, je goûte à de nouveaux plaisirs. Dans cette aventure, de nouvelles dents me suivent. J’aime les dents, plus elles sont nombreuses, et mieux j’y trouve mon compte. Dens non grata au départ, voici qu’elles animent mon quotidien. Je les accepte et finis même par les apprécier.

Un mètre et de nouvelles molaires plus tard, je me sens grand. J’ai confiance en mes dents et souris à tout bout de champ. Ma bouche semble solide, car forte d’une bonne dizaine de dents. Des molaires s’agrègent aux premières venues et font de moi un grand. Ma grandeur prend un coup véritable le jour de mes six ans: elles décident en ce jour de me révéler leur vrai visage.

Après ces années de confiance, ces milliers d’aliments croqués, telle cette vie croquée à pleines dents, elles révèlent leur véritable émail. Sous un vernis blanc, elles sont en fait faibles et lâches. Elles se réfugient dans le moindre prétexte pour se soustraire à ma dentition. La première prétextera une casse de bonbon pour disparaître. Les autres la suivront pour chaque friandise dégustée. Après des années, une confiance établie, voici qu’elles s’en vont comme elles sont venues: avec douleur et sans raison.

La colère laisse place à la patience. Désespéré, je décide d’affronter la vie et chacune de ses saveurs sans aucune dent. Et, au final, impossible d’approcher ce que je croquais autrefois. Je perds confiance, mais gagne en patience. Récompense: de nouvelles dents. Ma gencive n’étant plus vierge, elles se font une place sans douleur aucune. Comme pour m’annoncer qu’elles sont différentes, et pas lâches. Méfiant, je le reste. Je me pare de fils de fer pour les tenir en laisse. Elles réussissent l’épreuve avec succès, et je reconnais que celles-ci ne sont pas comme les autres: plus brillantes, plus résistantes, plus ancrées. A croire que les précédentes leur ont préparé le terrain.

Je retrouve confiance, arbore mon sourire sans fil de fer auprès de qui veut bien m’observer. C’est une renaissance. Mieux, c’est une Révolution. J’ai de quoi croquer tout ce qui se présente à moi, et suis à même de broyer ce qui me dérange. Quoi que je fasse, je sais qu’elles sont avec moi. Pour le meilleur et pour le pire. Mes dents gagnent en liberté: moins de laisse pour plus de leste. Marché conclu, je suis lesté à croire qu’elles sont les bonnes: celles qui m’accompagneront pour la vie.

Mais avec le temps, elles commencent à jaunir. Elles semblent me jouer des tours au contact de certaines friandises, et me dissuadent d’en prendre soin. Elles jaunissent, et je les observe jaunir. Leur faiblesse m’accuse, cependant que je leur retourne facheusement leurs griefs. L’une se rebelle, et devient carie. Indisposées à m’obéir, les autres suivent la marche. Dans cette affaire, elles et moi: deux responsables qui s’accusent mutuellement de coupables.

Au fond de cette bouche obscure, une seule dent brille de tout son éclat et refuse la rébellion. Elle attend. Elle attend car elle sait. Elle sait, à la différence de ses voisines, qu’elle aura un terme. Au fond de cette bouche, cette dent unique attend patiemment: elle observe la sagesse de celle qui la verra tomber.


Moussa.

mars 13, 2010

«La dictature c’est « ferme ta gueule » et la démocratie c’est « cause toujours »» – Jean-Louis Barrault.

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Voilà quelques mois que le casting a commencé. Sur le podium défilent des hommes, des femmes, tous prétendant porter la Vérité. Ils parlent de « Nous » les Français, et parfois de « Eux », ceux qui ne satisfont pas aux critères définissant notre chère identité nationale. En l’espace de quelques semaines, tous se sont parés de subterfuges pour solutionner nos problèmes. Des couleurs en guise d’idéaux, des projets pour illustrer leurs idées hautes.

Chaque défilé de mode a périodiquement l’avantage de reproduire la même scène. D’un côté les déchus, ceux qui ont fatidiquement réussi au précédent défilé. De l’autre, les nouveaux prétendants, vêtus de nouvelles idées apparemment en rupture avec celles désormais démodées de leurs rivaux. Une nouvelle saison s’ouvre... Dans les coulisses, toujours les mêmes designers. Ils savent ce que le public désire contempler. Eux seuls sont en osmose avec l’air du temps et les besoins des gens. Un vieil adage dit que « c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes ». A quelques ingrédients près, c’est toujours la même recette. Et lorsque vient le temps d’y goûter, le public affamé est tellement attiré par les nouvelles épices qu’il dévore le pot sans plus tarder.

Et comment ne pas être tenté… Quand ces cuisiniers font passer leur élitisme pour de la démocratie. Lorsqu’ils agitent l’épouvantail de la peur et se posent en messies pour nous sauver. Lorsqu’ils nous parlent intérêt général et peinent à se projeter plus loin que leur intérêt personnel. Lorsqu’ils nous parlent loyauté et n’hésitent pas à sceller des alliances pour accéder au trône. Pas le trône au service du peuple, le trône au dessus de ce dernier.

Au final, la politique c’est un peu comme une pâtisserie de luxe. Tout spectateur, par principe ou par hypocrisie, récuse le gaspillage que cette pâtisserie représente et milite pour que chaque personne ait droit à sa part. Mais une fois que ses lèvres ont approché l’assiette, il pense déjà au prochain croc que la pâtisserie va subir. Et s’il n’a pas les couverts, il fait croire au serveur ou à son voisin de table qu’il désire un couteau pour partager le gâteau. Au gré des bouchées, l’idée d’intérêt général a vite gagné l’estomac: il paraît que l’appétit vient en mangeant.

Dans ces conditions, avoir foi en une rupture face à la continuité, ou croire qu’une révolution de l’intérieur est possible, c’est supposer que la politique met en scène certains hommes et femmes honnêtes. Manque de pot, personne d’honnête ne veut vraiment faire de la politique. Et dans ce grand restaurant qu’est la démocratie, chaque serveur se sert de ses clients tout en faisant croire qu’il les sert.


Moussa.



mars 1, 2010

« Il est peu de plaies morales que la solitude ne guérisse. » – Honoré de Balzac

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Toujours près des miens, sans jamais être vraiment des vôtres, peu importe ce que sera demain, quelque part j’aime croire que le monde est autre. D’un côté le sentiment d’appartenir, de l’autre celui d’être libre, le défi c’est d’mettre de l’eau dans son vin sans en perdre l’ivresse de vivre. Me retrouver seul est un moment qu’il m’arrive souvent de convoiter, la solitude n’est pas à fuir, elle est à apprivoiser. Beaucoup s’en plaigne, cherchant à tout prix à la combler, difficile de finir un puzzle si celui ci est incomplet. Je m’en suis accommodé, l’utilise à bon escient, il est plus facile de connaître le monde en se connaissant.


On répète souvent les même erreur, jusqu’à ce qu’enfin nous réalisions, difficile de bâtir la confiance sur une terre de trahison. J’me souviens ce qui a fait de nous des amis, une force pour que s’essouffle les effort de notre infortune, mais tous c’qu’on garde aujourd’hui en commun c’est l’simple fait qu’on vienne d’la même commune, si rien ne nous rapproche inutile de faire comme si, ca évitera encore une fois d’se retrouver sur le coccyx. Rester fidèle à soi même, difficile parfois de n’pas se détourner, surtout quand on attrape des crampes à tendre la main au dos tourné. Pourquoi mettre du cœur à l’ouvrage afin d’combler les vides, pour finir par avoir parfois trop courbé l’échine. La finalité n’est peut être pas l’essentiel, mais plus y parvenir en essayant de s’appliquer… le paradoxe de vivre simplement dans un monde compliqué.


Alors je ris de moi, de toi, du monde qui m’entoure, on pleure pour certaines raisons, heureusement qu’on peut rire de tout. Je ne gage pas à être connu, ni même à être apprécié, juste serrer le bonheur dans mes bras, pourquoi se suffire de le caresser. Laisser une trace avant d’être soustrait des autres, avant de disparaître, même si parfois perdu entre deux je, celui que je suis et celui que j’aspire à être. En retard sur mon époque, donc véritablement jamais à l’heure, un millier de raisons pour être ici, un million pour être ailleurs.



Simon

décembre 20, 2009

« Il ne faut pas lier un navire à une seule ancre, ni une vie à un seul espoir. » – Epictète

Filed under: Uncategorized — lesfaitspapillon @ 9:23

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Dans cette barque de fortune qu’est la vie, il est une part d’indéterminé, et une part d’action. L’homme tient le gouvernail et, fort d’une orientation précise ou malencontreusement déboussolé, il laisse les vents influer sur la trajectoire que sa croisière décrit. Quoi qu’il en soit, les vents guident cette barque. Au gré des jours, des semaines puis des mois, la croisière s’amuse, même consciente qu’elle peut chavirer. Elle sait pertinemment que le vent est encore plus puissant que le gouvernail, indépendamment de la volonté du marin à bord. Notre barque navigue mais danse sur la mort.

Au long de cette croisière, il est des marins sages disposés à admirer l’immensité du monde dans ses ciels étoilés. Tout au long de ce périple, il est des marins braves qui luttent contre vents et marées. Il en est qui, jaloux ou méfiants à la vue d’une autre barque sur leur chemin, cherchent instinctivement à la couler. Ils se plaignent par la suite de se retrouver seuls. Il en est qui refusent de laisser le vent les guider. Mus par le désir d’indépendance, ils tiennent fermement le gouvernail de leurs deux mains et marquent leur volonté à l’orientation entreprise. Telle une boussole qui ne perd pas le Nord.

Tout au long de son périple, il est un marin qui s’est souvent retrouvé seul à bord. Il a multiplié les soirs étoilés pour quêter la destination finale de cette croisière. Le vent, autant que sa main tenant le gouvernail, ont disposé sur son chemin des bouées. Par prudence, il en a évité certaines: elles étaient défectueuses ou du moins le paraissaient. D’autres étaient visibles même de nuit, et exerçaient inexorablement une attraction sur sa barque. Leurs formes et leur couleur lui suggéraient de les récupérer à bord, parce qu’elles promettaient de mettre sa barque en valeur, parce qu’elles l’assuraient qu’elles voulaient lui tenir compagnie.

Il les a écoutées, les a prises à bord. La barque est devenue plus sensible au vent, tandis que le gouvernail s’enfonçait dans des profondeurs sans fin. Elle est devenue plus visible, ses bouées suggérant l’identité du marin. Le marin a alors virevolté puis frôlé le naufrage. Une bouée, autant de formes qu’elle puisse présenter, d’autant de couleurs qu’elle puisse briller, ne contient souvent que peu d’hélium en son sein.

En brave marin, il a décidé de se ressaisir. Il s’est fié à Celui qui lui a octroyé cette barque, et s’est méfié des bouées flottantes. Tout marin a un cœur faible. Il a fui la tentation au lieu de l’affronter. Il a multiplié les croisières nocturnes. Et de temps à autres, il a entrevu des bouées sombres, abîmées presque sur le point de couler. Il s’est d’abord méfié, et n’a finalement jamais regretté.

Suivant son exemple, ma barque flotte et des bouées aussi différentes que brillantes l’accompagnent dans notre périple. Il y en a peu, mais elles sont pleines. Contrairement aux marins parés d’une infinité de bouées vides, au risque de chavirer en cas de vent. J’ai alors accepté de laisser les vents me guider, nous guider. En veillant toujours à ne pas abandonner le gouvernail.

Au long de notre croisière, il existe toujours une part d’indéterminé, indépendamment de notre volonté. Quelques croyances en lesquelles le marin croie, Dieu ou la nature, certaines bouées jalonnant notre périple ne sont pas là inopinément. En bons marins, faisons confiance aux vagues.


Moussa

décembre 4, 2009

«Il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser.» – Albert Camus

Filed under: Uncategorized — lesfaitspapillon @ 7:17

Aujourd’hui, l’appel à la prière a résonné depuis la Tour Eiffel. Il a parasité mon ouïe à cinq reprises, pour rappeler à des millions de fidèles, et à beaucoup plus d’infidèles, qu’il était l’heure de penser. Dans les rues que j’arpente, j’ai vu un hijab, puis deux. Soudain, j’aperçus une burqa, puis deux, puis trois. Les burqas ont proliféré ces derniers temps. Faut croire que le minaret qui surplombe la capitale parisienne y est pour quelque chose.

Aujourd’hui, j’ai amené trois délinquadolescents fraîchement débarqués d’un centre de rétention visiter le Louvre. Parce que le Louvre est un élément de notre identité nationale, quoi qu’en disent ceux qui accusent la France de leur avoir volé leurs œuvres les plus chères. Après avoir été fouillés, nous avons apprécié les pyramides jonchant le premier niveau. Une fois parvenus à l’étage ultime, celui qu’une foule inépuisable de curieux réchauffe indéfiniment, nous avons aperçu la Joconde. Léonard de Vinci a peint une toile d’autant plus merveilleuse qu’elle a séduit les plus réticents d’entre nous. C’est pourquoi, au nom du respect à la tolérance, il a été décidé qu’un niqab voile son corps, et surtout son visage, le miroir de l’âme.

Après l’enrichissement culturel vint le temps de l’approvisionnement naturel. J’ai laissé sur le trottoir les trois gamins et suis parti à la recherche les victuailles dont nous avions tant besoin. A mon retour, ils furent raflés, parce qu’âgés de moins de treize ans. « Après 23 heures, a dit leur kidnappeur, c’est plus l’heure ».

Une fois dans le métro, trois Roumains m’ont éloquemment dévoilé leur plaidoyer en vue de récolter quelques cents. Après quoi, je leur ai fait comprendre que les allocations familiales qu’ils percevaient devraient leur suffire. Parce que donner c’est bien, mais assister c’est trop. Surtout qu’avaliser un don à destination d’un Roumain, c’est être condamné à reproduire le même humanisme envers le Noir qui espère sur le quai. Et si c’est pour se faire arracher son portefeuille en sortant du métro par des Arabes, c’est peine perdue. La France, et encore moins le Français que je suis, n’est pas en mesure d’accueillir toute la misère du monde. « Désolé je n’ai pas de monnaie » lui ai-je traduit. S’il faut donner à ceux qui nous volent des emplois, quand bien même les dix millions d’autres clandestins qu’ils sont censés nourrir ne foutent rien, c’est injuste.

Demain, j’irai voter au référendum. Parce que je suis citoyen, parce que je pense que, tout comme l’identité nationale, il nous faut un vrai débat sur l’immigration. « Qu’est-ce qu’être un immigré? Pourquoi un immigré? Quoi faire des immigrés? ». Ce sont les questions que je me pose actuellement, du moins que sont censés se poser les inquiets dont je fais partie. Soyons prudents.

Trop de couleurs foisonnent dans nos rues, trop de burqas voilent nous avenues. Tout ça s’est passé en un laps de temps, tel un ouragan pré-électoral: on ignore d’où est-ce que ça vient, mais ça disparaît aussi vite qu’apparaissent des millions de votes.

En quête de sagesse, je me suis alors tourné vers Albert Camus. Dans l’univers qu’il m’a décrit, un rat, puis deux, et enfin des milliers, ont été victimes de La peste. Quelques jours plus tard, la ville était contaminée. Plutôt que s’armer de chats affamés, on accusa l’incontrôlable prolifération de rats. Sans y remédier.

Avant de refermer mon livre, Camus m’a averti: « Il faut se méfier de la peste. Elle peut revenir à tout moment ».


Moussa

novembre 26, 2009

 » La violence de la femme est dans ses charmes.  » – Jean-Jacques Rousseau.

Filed under: Uncategorized — lesfaitspapillon @ 2:52

 

Il paraît que derrière chaque homme se cache une femme, je crois que derrière beaucoup d’hommes se cache un âne, en panne d’arguments lorsque l’une d’elle me dit « ce sont tous des salops », navré que dans les contes modernes le prince charmant se transforme en crapaud. Je n’suis certainement pas un exemple de droiture, mais pas d’faux pas à la fidélité, aller voir à gauche, à droite n’est pas rentré dans ma normalité. Je n’dis pas qu’aucune d’elle ne m’a jamais trahi ou ne m’a jamais déçu, mais je n’suis pas d’ceux qui ont besoin de lever la main pour prendre le dessus, ceux qui s’présentent la femme comme les pétasses qui s’trémoussent dans les clips, c’est ça l’problème un qui pense avec son cerveau contre dix qui pensent avec leur slip. J’ai pas d’respect pour toi quand tu comptes le nombre de celle passées sous tes draps, j’en ai pour celui qui compte le nombre de fois où elle était la quand il pleurait dans ses bras, ça peut t’faire rire et pour certains ça pourrait même être démodé, mais aucun attrait pour celle qui n’a besoin que d’une soirée pour se dénuder.

 

A l’heure où plus que la grippe la publicité contamine en laissant le culte de la beauté dans la tête des gamines, elles adoptent les images faussées en hausse dans les magazines people, délaissent leur personnalité pour adopter celle de leur idole. Des journaux pour mecs, font la première de couverture, elle y perdent leur vertu dans des photos très peu vêtues, de mon esprit je n’ai pas de problème d’ouverture, plutôt d’adaptation, à la tendance actuelle, à la misogynie en ascension.

 

Juste une pensée, en décalage avec celle de mon époque, là ou les gamins apprennent plus sur internet que sur les bancs d’l’école, la pornographie a tué le stress et le charme de la première fois, j’me rends bien compte que l’insouciance est derrière moi. L’espoir réside dans ceux qui pour elles ont du respect, qui malgré les blessures et les désillusions ont su rester. Il s’agit pas d’faire l’apologie du sexe féminin ni même de diaboliser celui auquel j’appartiens, la faute est à répartir, entre celui qui la trompe sans s’repentir et celle qui dit je t’aime, sans rien ressentir.



Simon

novembre 25, 2009

 » Quitte à chanter quelque chose, je chantonne l’humanité  » – Rocé.

Filed under: Uncategorized — lesfaitspapillon @ 10:03

Plus d’une fois la Marseillaise a été sifflée, et plus d’une colère autour de nous a résonné. Gardons la tête froide, et chantons l’hymne en silence, quitte à interdire le stade à ceux qui, imprégnés d’ « odeurs », font du « bruit ».

Comme la plupart de ceux qui ont sifflé la Marseillaise, je suis Français. Comme certains d’entre eux, mon teint porte en lui des couleurs d’ailleurs. Beaucoup s’attardent sur ces couleurs d’ailleurs quand elles se mélangent à une mélanine d’ici. Et puis si c’est pas la paralysie que ce teint provoque, c’est la curiosité. Une fois le pied levé depuis les « barres d’immeubles de chez nous » pour atterrir chez les « autres », la curiosité se fait dévisager sur fond de méfiance. Elle, elle se crispe discrètement sur son sac à main et se décide innocemment à changer de trottoir. « T’es parano », voilà la réponse. Lui, il a appuyé sur la fermeture centralisée. Permets-moi de douter quand la paranoïa se conjugue à autant de coïncidences.

A l’étonnement et la curiosité, succède naturellement la suspicion. Rouler en voiture ou marcher à pieds ne changera rien, c’est le traditionnel contrôle d’identité. Histoire de te signifier qu’on n’est pas sûr que tu ressembles à « Nous », histoire de te dire que t’as des cheveux à lisser et une peau à éclaircir. Tu te fais finalement à l’idée que t’es un Usual suspect, mais t’as pas la jambe qui va avec. Pour ton bien, évite de parler de « blanc », car ceux aux yeux de qui tu es un « arabe », un « jaune » ou un « noir », le prendront mal.

Avant toi, tes parents portaient en eux les germes de la suspicion. Manque de pot, t’en as hérité par procuration. Depuis combien d’années triment-ils pour trouver un logement? Et quand ils le trouvent, combien de temps encore pour le rendre décent? Le miroir de l’illusion vole en éclats quand on s’aperçoit que tu manies mieux le verbe que la génération de tes parents, quand on s’étonne que t’aies intégré un lycée où t’as eu ton Bac. Et je t’épargne les yeux globuleux auxquels les miens font quotidiennement face quand je me trouve obligé de jurer que je suis à Sciences Po. « Wallah que c’est vrai », leur dis-je. Paraît que c’est tellement peu probable.

Peu probable comme le fait de savoir parler le Français, de l’écrire sans faute, comme le fait d’entreprendre les mêmes études que certains « blancs », comme le fait de vouloir s’amuser en boîte sans agresser, comme le fait de rouler dans une voiture sans l’avoir volée, comme le fait de passer les frontières d’une France à deux vitesses sans être arrêté, comme le fait de répondre « je viens d’ici » à la question « tu viens d’où? », comme le fait de désirer un logement pour y vivre décemment, comme le fait de prétendre à des emplois dévolus aux autres, aux Français. A vrai dire, c »est tellement peu probable…

Si, comme beaucoup tu dénonces ces mal-éduqués qui me ressemblent tant et sifflent la Marseillaise, condamne avec la même fermeté la Mère-patrie qui les siffle quotidiennement.

Moussa

novembre 9, 2009

 » En ces temps de tromperie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire  » – Georges Orwell.

Filed under: Uncategorized — lesfaitspapillon @ 12:02

Une fois n’est pas coutume, le mur de Berlin s’est écroulé pour la deuxième fois. Naturellement, nous sommes tous berlinois…Pour l’occasion, arrête ta musique et accorde-toi quelques minutes sur ces lignes.

Je t’épargne les dernières notes musicales qui s’offrent à ton ouïe si elles font vibrer Michael Jackson. Parce que, depuis sa mort, nous sommes inexorablement devenus ses fans. C’est aussi étrange qu’il y a quelques années, nous étions tous des enfants, ceux qu’il « aurait» violés. Avant la temporaire fascination à l’égard du « dieu de la pop », nous étions Iraniens. Tu te souviens? Nous brandissions tous des pancartes imprégnées d’un virulent mais juste « Where is my vote? ». D’ailleurs, avant de s’en émouvoir, nous nous mouvions d’un pas ferme vers la sortie du bâtiment de l’ONU lorsque Ahmadinejad prit le micro à Genève.

Toujours pas? Laisse-moi te rafraîchir la mémoire. J’ignore si je t’avais dit, mais entre ce moment où la Mère-patrie nous a ignorés et notre adoption par Michael Jackson, quatre millions de morts ont péri dans une guerrilla sauvage qui met encore à feu et à sang le Congo. A ce propos, que devient le Tibet? Quelle démocratie profite aux Afghans? Quelle paix désarme les Irakiens? Dans quelle piscine nagent les rescapés du tsunami?

Peu importe, aujourd’hui nous sommes Berlinois, c’est Berlin et uniquement Berlin qui nous intéresse. Berlinois parce que citoyens du monde à ce qu’on dit. Ce citoyen du monde qu’on prétend être demande une nationalité aussi vite qu’il la renie pour se faire naturaliser ailleurs, là où on veut bien attirer son attention. Il était Tibétain hier, Berlinois aujourd’hui et sera peut-être Américain demain. Il est apte à détailler les étapes de la mort du roi de la pop mais ignore quand l’âme de son son grand père s’est éteinte. Ce citoyen du monde abolit aujourd’hui le mur de Berlin, mais se rend complice d’autres murs encore en érection entre les riches nord-américains, et les faces de tortillas; il contemple au loin le mur qui sépare les barbares palestiniens des civilisés israéliens; il s’est même arc-bouté au sommet du mur qui déchire les deux Corée. Mais de temps en temps, entre deux vacances en cinq étoiles au Maroc ou au Sénégal, il lui arrive de s’indigner des corps échoués sur les rochers qui jalonnent le mur séparant l’Afrique de l’Europe, l’Enfer de l’Eldorado.

Depuis trop longtemps on s’est drapés d’une généreuse prétention à la fraternité. Maintenant, comme moi, te voilà nu(e). On n’est citoyens du monde qu’à nos heures perdues. Nos heures vivantes sont réservées à notre microcosme. Parce qu’à la vérité, on a oublié de penser avec notre cœur ce que nos yeux voient et nos oreilles entendent à longueur de journée. On a même oublié de penser à ceux qu’on ne voit pas, à ceux qui, dans la nécessité, rêvent d’un remède face à notre cécité. On a oublié de penser par nous-mêmes, preuve en est qu’on nous dicte à quoi penser. Forcément, si on nous sert à manger notre lot de fausses culpabilités au quotidien, il faut sans cesse rééquilibrer les dosages. Hier c’était une guerre ou un attentat, demain ce sera le bikini de Carla Bruni.

Et après demain, qui sait, peut-être qu’on pleurera l’infarctus qui a insidieusement pris pour cible les quelques cœurs pourvus du sens de l’Histoire, du sens des valeurs. Ceux qui, à défaut d’avoir, quêtent le sens de l’être.

Moussa

novembre 3, 2009

« Un homme qui a peur ne peut pas changer le monde, il protège ses acquis » – T.Ramadan

Filed under: Uncategorized — lesfaitspapillon @ 10:03

« Yes we can » a dit un jour un bonhomme visionnaire. Comme des millions, on y a cru, et certains continuent à y croire. Et nous dans tout ça? A peu de choses près, qu’on y croie ou pas, on reste assis. Et c’est parce qu’on demeure assis à s’user que tout paraît démesuré. Inspirant dans une shisha, ou côtoyant des substances végétales, on philosophe sur le monde puis on le refait, à la guise de son poing ou de sa plume. Maintenant, quand on convoque « Révolution » on évoque le passé. Les rêves semblent avoir été dépassés. Place à la réalité, nul besoin de laisser-passer. Celle du chacun pour soi. Puis avant de nettoyer le monde, balayons devant notre microcosme. Sur les autres on ferme l’oeil, assis sur notre fauteuil, le chauffage nous réconforte et nous conforte dans l’idée que changer le monde, c’est pas possible.

« No we can’t » répond le bonhomme qui écrit ces lettres. On ne peut pas s’attacher à son nombril et observer passivement le monde partir en vrille. On ne peut pas faire tout un film pour un ongle cassé quand certains les rongent pour emplir leurs ventres gonflés par le vide. On ne peut pas parler sans agir. On ne peut pas agir sans réussir. On ne peut pas espérer sans entreprendre.On ne peut pas dire qu’on ne peut pas.

Alors si tu veux croire à « Yes we can », commence par t’apprendre que « Yes you can ».

Moussa

Drôle d’époque.

Filed under: Uncategorized — lesfaitspapillon @ 9:56

Ce matin j’ouvre les yeux la tête pleine de regrets, pas le sourire, le thermomètre affiche à peine vingt degrés, j’sors de mon lit, soupire. C’est le début d’une de ces journées, celle où tu réussis a t’effrayer dans le miroir, attrape une chaussette blanche, une noire dans un fond d’tiroir, dix minutes plus tard j’manquerai d’peu d’finir ma nuit dans mon bol de chocapics, aujourd’hui, aucun motif mais j’suis déjà sûr de mettre à l’épreuve ma résistance émotive.

A l’abribus, une bande de jeunes me dévisagent, rien à voir avec le fait qu’j’sois mal rasé, pas l’temps d’envisager, j’pose mes fesses sur le quart de banc restant, la petite grand mère arrivée deux minutes trop tard tracera sa route en pestant, et pendant c’temps j’écarte les écouteurs qui déversent un flow de BPM dans mes tympans. Loin de moi la prétention de n’écouter que de la qualité, mais une chose est sûre, mes voisins d’banc sont en conflit avec la musicalité, les hauts parleurs de leurs portables saturent, pas de flow, pas d’instruments, aucune qualité d’écriture, une sorte de feuille blanche, au centre une grosse rature. Le bus arrive enfin, j’caresse l’espoir d’une place assise, en vain. J’remets mes écouteurs lassé par la discussion de 2 pseudos-bogoss-commercial, à vrai dire j’suis pas sur que vendre des volets aux p’tits vieux soit un boulot fiable, mais je jugerai pas en tant qu’étudiant à mi-temps sans emploi, on peut pas dire que ma situation soit stable. Ce n’est que trois arrêts plus tard qu’on rentrera dans le vif du sujet, bienvenue dans le quartier où on connait le mot « dépense« , mais pas celui de « budget« , j’me frotte les yeux, secoue la tête, j’ai l’impression de voir double, triple même, le sweat capuche facon collège américain c’est « sympa », mais je saisis pas pourquoi ils portent tous le même ? C’est à peu prés à ce moment précis qu’j’ai atterri, j’peux te dire qu’le choc m’a fait regretter Space Invaders sur Atari.

Mon arrivée sur le campus me fera esquisser le premier sourire de la journée, une bande de « sportifs » qui bombent le torse et rigolent une fois qu’t’as le dos tourné, se sentent obligés de s’étaler sur le passage piéton limitant mon passage, un coup d’épaule plus tard, j’trace ma route et eux s’excitent, j’suis pas sûr d’avoir saisis le message. Les bancs inconfortables de l’amphi’ ont pour avantage de stimuler l’inspiration, « Alors moi plus tard je serai…euh je serai… » bon d’accord l’avenir n’est pas encore dans mes aspirations. Aujourd’hui m’occupe déjà assez, ça m’empêche pas de penser à demain et de garder un pied dans l’passé, garder en tête celui que j’ai été et ce qui fait ce que je suis, toujours en décalage avec ce que beaucoup suivent, rien de volontaire mais la nécessité d’me démarquer, rien à foutre j’viendrai sapé en Père Noël au bal masqué.

Tout ceci n’est que mon avis, mon objectivité subjective, considère ça comme une fille moche dans une tenue suggestive. On vit sur la même planète mais on vit pas dans le même monde, et pas seulement depuis qu’les enfants sont élevés par les ondes. Et pour le dire, plutôt que la métaphore, j’use de l’exagération, à toi qui crois que Facebook réglera tes problèmes de locution, arrêtons d’sauver les baleines, sauve ton écriture, on frôle l’aberration. A toi qui comme les autres sont scotchés sur les rails, que tu les suives ou qu’tu t’les mettes dans l’nez, j’ai vraiment l’impression d’être en retard, ou en avance de quelques années, j’suis sous l’choc, putin j’me suis trompé d’époque !

Simon

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